Edward Snowden est devenu l’un des plus célèbres lanceurs d’alerte au monde lorsqu’il a révélé les programmes d’espionnage de masse de la NSA en juin 2013. Depuis, ce jeune homme à l’avenir incertain continue de prendre la parole à travers le monde pour défendre les droits de l’homme à la liberté et à la protection de sa vie privée.

La sortie au cinéma le 1er novembre 2016 du film « Snowden » qui relate son histoire nous invite à reprendre la mesure de ses révélations, plus que jamais d’actualité en France !

Une histoire d’espionnage à l’échelle mondiale bien réelle !

Ancien agent de la CIA et consultant pour la NSA en tant qu’administrateur système, Edward Snowden avait accès à nombreux documents classés secret défense. Ce qu’il a découvert alors des pratiques de la NSA a profondément troublé sa confiance. « J’ai réalisé que j’appartenais à une organisation qui faisait bien plus de mal que de bien » exprime-t’il.

Il n’avait pas 30 ans… Mais il décida de transmettre au public ce qui était fait dans son dos et contre lui. De 2009 à 2013, Snowden soustrait 1,7 million de documents à la NSA.

Préparant l’heure de ses révélations avec soin, il choisit deux journalistes qui s’investiront à ses côtés pour diffuser ses informations au public : Glenn Greenwald et Laura Poitras.

La rencontre avec la réalisatrice Laura Poitras donnera naissance à un documentaire Citizenfour : un film qui expose les principaux enjeux de la surveillance de masse tout en dressant le portrait d’Edward Sowden à l’heure de ses révélations.

La plus grande menace pour la liberté ? Le “combat contre le terrorisme” !

Le Patriot Act, voté suite aux attaques du 11 septembre 2001, a justifié la mise en place d’une surveillance de masse sur les États-Unis et à l’échelle mondiale. Une collecte des métadonnées, téléphoniques, numériques des individus s’est déployée de façon généralisée et sans distinction, à travers les entreprises de communication et d’Internet tel que Google, Facebook, Amazon, Youtube, Yahoo, Microsoft, Apple, etc. Un seul objectif : tout collecter !

Le combat contre le terrorisme a servi d’excuse et a couvert tous les abus de la part des organismes gouvernementaux. Mais « Quand on regarde les résultats de ces programmes de surveillance pour stopper le terrorisme, on voit que leur utilité est infondée. Ces programmes n’ont jamais stoppé une seule attaque terroriste qui était imminente. Donc, est-ce vraiment le terrorisme que nous arrêtons ? Ces programmes ont-ils la moindre valeur ? Je réponds que non. » rapporte Edward Snowden.

« Le terrorisme a toujours été ce que nous, dans le monde du renseignement, nous appellerions une couverture pour des actions. Le terrorisme provoque une réaction émotionnelle qui permet aux gens de justifier l’autorisation de pouvoirs et de programmes qu’ils n’accorderaient pas autrement. »

Et en France, qu’en est-il de ces programmes de surveillance de masse ? Avons-nous renoncé à nous battre pour notre liberté ? La réponse est à suivre dans un prochain article !

En attendant, le gouvernement français s’est déjà positionné en refusant d’accorder le droit d’asile à Edward Snowden.

Alors pour que le pays des droits de l’homme défende ses valeurs, à nous de faire la différence !

À découvrir aussi

Nulle part où se cacher de Glenn Greenwald, éditions JC Lattès, 20€

Extrait :

 « Le scandale actuel de la surveillance exercée par la NSA a une dimension inédite : le rôle que joue désormais Internet dans la vie quotidienne. Surtout pour la jeune génération, Internet n’est pas un domaine indépendant, isolé du reste, où s’opéreraient certaines fonctions de l’existence. (…) Transformer ce réseau en un système de surveillance de masse comporte des implications sans équivalent dans tous les programmes de surveillance étatique mis en œuvre à d’autres époques. Jusqu’à présent, les systèmes d’espionnage étaient nécessairement plus limités et il était plus facile d’y échapper. Permettre à cette surveillance de s’enraciner dans Internet reviendrait à soumettre pratiquement toutes les formes de relations humaines, toutes les formes de projet, jusqu’à la pensée proprement dite, à l’examen détaillé de l’État. »