Alors que le monde entier entame sa transition, c’est au tour du travail de changer de visage… et aucun métier n’est épargné ! Pour illustrer cette transformation, Switch Collective initialise une série de conférences à ne pas louper “Work As We Know It Is Dead” ! L’objectif de ces rencontres : comprendre de quoi seront faits les métiers de demain.

Switch Collective, un ambitieux projet créé par deux jeunes femmes pleines d’avenir, Béatrice Moulin et Clara Deletraz, a pour sujet de redonner du sens au travail en accompagnant les “switchers” dans leur processus de reconversion.

Suite à leurs études, nouvellement confrontées au marché du travail… c’est parce-qu’elles avaient le sentiment de ne pas trouver leurs places, ni d’entrer dans les cases, que les deux jeunes femmes se sont interrogées sur le sens de leur activité.

Clara et Béatrice ont réalisé qu’elles n’étaient pas seules dans cette situation. En effet, 91% des salariés ne se sentent pas engagés dans leur travail (selon l’Étude Gallup de 2013). Face à ce chiffre, elles ont pris conscience “qu’il ne s’agissait pas d’une petite crise existentielle, ni d’un cas isolé. En réalité, nous sommes confrontés à un phénomène beaucoup plus large, partagé par la grande majorité des gens. Redonner du sens au travail est devenu une mission d’utilité publique.”

Parallèlement à ce questionnement, des prédictions concernant la fin du travail et la fin du salariat se sont mises à circuler…” explique Clara. “Une équipe de chercheurs d’Oxford indiquait dans une étude que 60% des emplois d’aujourd’hui allaient disparaître et seraient remplacés par la robotisation d’ici 20 ans.”

“Nous-mêmes ne croyons pas à la fin du travail, en revanche nous constatons la fin du travail tel que nous le connaissons et nous le représentons depuis la seconde moitié du 20e siècle.”

À l’occasion de la conférence pilote du cycle “Work As We Know It Is Dead” donnée sur Paris le 11 février 2016, Clara et Béatrice ont brossé un portrait plein de bon sens du changement en cours.

Une évolution très concrète du travail

D’après Switch Collective, 3 grands éléments définissent la représentation actuelle que nous avons du travail : le CDI, le salariat et la notion de métier.

  • Le CDI est en voie de disparition. Aujourd’hui, 9/10 des embauches se font sous forme de contrat temporaire. Aussi, lorsque l’ensemble du système (l’accès au logement, au prêt, etc.) repose sur le CDI, une remise en question rapide devient essentielle !
  • Bien que le salariat soit encore majoritaire de nos jours, de nouvelles formes d’emplois se développent à sa périphérie : + de 600 nouveaux indépendants se lancent en France chaque jour. Aux USA, 40% d’indépendants sur le nombre d’actifs sont prévus d’ici 2020.
  • La notion de métier évolue. Auparavant nous exercions un métier qui comprenait un ensemble de savoir-faire et de compétences sur lequel nous avons capitalisé pendant nos études et que nous avons fait fructifier grâce à notre expérience. Mais d’après une étude récente, 60% des étudiants sont formés aujourd’hui à des compétences ou à des métiers qui seront obsolètes d’ici 10/15 ans en moyenne. Cette situation, dû à l’automatisation des métiers et à la révolution digitale, touche un grand nombre d’activités dans tous les domaines de qualification, y compris des métiers tels que médecin, avocat, artiste, etc. Par ailleurs, il existe davantage de multiactifs, des gens qui cumulent plusieurs activités en même temps. En France, leur nombre a doublé en 2 ans.

La fin d’un système standardisé

“Nous constatons la fin de notre système de travail actuel, qui est construit sur la production et la consommation de masse et par conséquent sur la standardisation.” poursuit Clara

“Notre conviction est que nous sortons aujourd’hui de cette notion de standardisation et que nous progressons vers un modèle de travail sur mesure. Nous avons coutume de dire que nous entrons dans la voie du Switch. Le Switch représente la fin des voies toutes tracées. Désormais, nous avançons sur des voies plus chaotiques qui sont faites d’entrées, de sorties, de bifurcations, d’expérimentations, de reconversions possibles…

Dans ce nouveau monde, l’enjeu n’est plus de se former une bonne fois pour toutes, mais de se former tout au long de sa vie ; ce n’est plus de se choisir un métier, mais d’apprendre à s’orienter toute sa vie.

Il ne suffit plus pour les recruteurs d’employer des gens sur la base de leurs expériences et de leurs diplômes, mais de considérer avant tout leurs appétences et leurs potentialités.

Ainsi, l’enjeu n’est plus de se trouver un job, avec une activité, un contrat, un flux de revenu, mais de se créer son propre job, avec son propre mix d’activités, de flux de revenus, de contrats, etc.

Il s’agit d’un énorme changement de paradigme, car ce mode de travail représente beaucoup plus de risques, d’incertitudes, de discontinuités, mais il signifie aussi potentiellement beaucoup plus d’opportunités et d’ouvertures.

Il faut pouvoir réunir de nouvelles qualités pour parvenir à évoluer dans ce nouveau monde. Nous considérons que savoir switcher, c’est-à-dire apprendre à créer son propre parcours, est devenu un savoir-faire indispensable dans cette nouvelle ère.”

En résumé, il est certain que la transformation actuelle du monde nous pousse plus que jamais à trouver notre voie. Et que celle-ci est unique pour chacun !

Pour en savoir +

Le cycle de conférences Work As We Know It Is Dead” propose de “construire concrètement le futur du travail en décryptant les transformations passées et présentes de chacun des métiers traditionnels de la “creative class” : le consultant, le journaliste, l’avocat, le prof, le médecin, le banquier, etc…”

La conférence introductive du cycle s’est tenue le 11 février 2016 à Paris, avec en invité le sociologue Michael Dandrieux qui aborde “la fin du travail telle que la société moderne se le représente.”

Pour les prochaines conférences, rendez-vous :

– Le consultant: mi-avril

– Le journaliste: fin-mai

– L’avocat: début juillet

Puis à venir: le marketeur, le prof, le DRH, le commerçant, le médecin, le banquier, le politique, le commercial, le designer, l’artiste…