Face à son succès, le crowdfunding évolue et s’adapte à un public qui en redemande ! Les plateformes de financement participatif font preuve de créativité pour répondre à la diversité des projets et à l’intérêt des contributeurs pour l’économie collaborative.

Petite histoire…

Le crowdfunding qui signifie littéralement « financement par la foule » ne date pas d’aujourd’hui. Dans les années 1880 par exemple, cette solution de financement permettait de réunir les fonds nécessaires à la construction emblématique de la Statue de la Liberté.

Bien que cette méthode de financement fût éprouvée pour son efficacité à rassembler de gros moyens financiers lorsque les investisseurs traditionnels se tiennent en retrait, ce n’est que depuis 2010 que le crowdfunding prend une véritable ampleur grâce au développement d’internet et à la création de plateformes en ligne. S’inspirant de la plateforme américaine Kickstarter, les entreprises françaises kisskissbankbank et Ulule sont en Europe les deux leaders du crowdfunfing. Mais de nombreuses autres plateformes existent dont certaines se spécialisent par domaine d’activité…

D’abord jugées peu sérieuses par le monde économique et les banques, les plateformes de crowdfunding ont persévéré et percé, soutenus par un public qui souhaite reprendre la main sur son économie et collaborer directement aux projets qui lui tiennent à cœur. Dans un monde où l’intérêt pour le collaboratif se développe à grande vitesse, ce sont maintenant les banques qui tentent de rattraper le train en développant leurs propres plateformes de financement participatif !

Un résultat à la mesure des efforts investis

Depuis ses débuts, le crowdfunding moderne a permis à de nombreux projets créatifs, artistiques, solidaires d’éclore. Nous pouvons citer par exemple l’énorme succès de la campagne de financement du film Demain réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent qui a rassemblé près de 450 000€ en deux mois ! Soit plus du double de la somme prévue initialement ! Il s’agit là de la seconde plus grosse campagne réalisée sur une plateforme de crowdfunding européenne sous forme de don contre don.

Ainsi le crowdfunding propose réellement une solution de financement alternative qui fonctionne à la mesure des efforts investis par les porteurs de projet. Car une campagne de crowdfunding, ce n’est pas des vacances ! Elle demande beaucoup d’investissement, de temps, d’énergie… un parcours du combattant en vérité, comparable à un marathon de quelques semaines nécessitant plusieurs mois de préparation aux étapes bien ciblées.

Mais tout effort est récompensé ! Et pas uniquement en espèces sonnantes et trébuchantes… Une campagne de crowdfunding bien menée offre d’autres avantages, dont celui de pouvoir communiquer sur son projet, de lui offrir une visibilité en amont de son lancement, mais aussi de fédérer une communauté qui soutiendra le projet à ses débuts.

À chaque projet, une plateforme de crowdfunding correspond

Dans cette idée, en parallèle des projets purement culturels ou solidaires, un système de préventes de produits ou de services tend à se développer dans les campagnes de crowdfunding. D’après Adrien Biot, responsable de l’antenne Rhône-Alpes de Kisskissbankbank, les plateformes de financement participatif devraient complètement se transformer en l’espace de 5 ans pour venir se mettre au service du développement d’entreprises. « Si la tendance actuelle se confirme, on trouvera en proportion beaucoup moins de projets culturels et principalement des précommandes de produits. Nous arrivons à un plafond dans le modèle de financement fondé sur le don contre don destiné davantage aux micro-projets ».

Aujourd’hui, nous connaissons 3 modèles de financement participatif :

 

  • Le Don contre Don, le modèle fondé sur la contrepartie en nature a, avant tout, pour vocation de financer des micro-projets.
  • Les plateformes d’investissement dans des startups où les contributeurs deviennent business angels. « Nous envisageons de lancer une nouvelle plateforme en 2017 qui proposera aux internautes de devenir actionnaires de jeunes start-up françaises. Un des buts du crowdfunding est de permettre du même coup aux individus de reprendre le pouvoir sur leur argent en l’investissant directement dans l’économie réelle » explique Adrien Biot.
  • Les plateformes de prêt, cela va de la plateforme de prêt à taux 0, à des plateformes de prêts avec intérêt. Avec ce dernier type de plateforme, le crowdfunding prend la place des banques en faisant du circuit court.

Ainsi, le financement participatif s’organise pour soutenir tous types de projets, depuis les micro-projets jusqu’aux entreprises, et touche désormais tous les domaines (culturels, techniques, innovations, etc.). De cette manière, le crowdfunding contribue à créer une économie du partage où les valeurs humaines peuvent profiter à l’économie réelle, loin des spéculations boursières.

La référence

« Le financement participatif est aussi un état d’esprit. Vaut-il mieux convaincre une seule banque de nous prêter 20 000 € ou convaincre 20 000 personnes de nous prêter 1€ ? Ce n’est pas vraiment la même chose dans le rapport que l’on a à l’entrepreneuriat. »

Nicolas Dehorter, l’une des références du crowdfunding en France, a publié Le Guide du crowdfunding, un livre de base pour tout savoir sur le crowdfunding.