Des couleurs arc-en-ciel, des oiseaux de papier qui s’envolent sur les murs, une espérance poétique qui éclaire la ville, Mademoiselle Maurice offre aux regards une œuvre éphémère qui sensibilise le cœur à l’amour de la planète et de l’être humain.

Vivre en couleurs !

Après des études en architecture et quelques expériences professionnelles, cette jeune Haut-savoyarde a plaqué les cabinets d’architectes qui accordaient «  si peu de temps à la création. »

« Tout cela manquait de couleur, de spontanéité, et puis de folie… Depuis toujours, j’aime tout personnaliser, colorer… alors voilà, j’ai laissé de côté le raisonnable pour vivre passionnément de ce que j’aimais ! »

Mademoiselle Maurice aime travailler de ses mains : « J’apprécie la transformation poétique d’un carré de papier en une forme quasi « vivante». Le papier est simple, modeste, peu onéreux et très noble à mes yeux : à la fois fort et fragile… »

C’est lors d’un séjour au Japon, durant lequel surviennent le tsunami et l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, qu’elle s’inspire de la légende nippone des 1 000 grues. Une légende selon laquelle un vœu se réalise si l’on plie un millier de grues en papier dans l’année. Depuis, l’artiste offre à travers ses créations de papier coloré un peu de douceur et de rêve au milieu du chaos.

Aujourd’hui, Mademoiselle Maurice parcourt la France et le monde pour créer ses fresques, parfois gigantesques, réalisées à partir d’origamis.

Sur des murs ou des immeubles entiers, ses créations ouvertement positives, ajoutent une touche de lumière à la grisaille des villes.

« Depuis toujours, j’adore les couleurs du spectre de lumière, elles m’attirent l’œil et me transmettent une impression positive. Le phénomène de l’arc-en-ciel m’a toujours fasciné et émerveillé. Il est un peu l’image universelle de la beauté de la nature et de ce qui la compose. 

C’est pourquoi j’ai voulu recréer ce phénomène éphémère dans la rue, à ma manière. Et puis ces couleurs sont symboles de paix, de tolérance, de métissage et cela, de manière universelle. »

Un street-art souhaite défendre l’environnement

L’art de Mademoiselle Maurice soulève une flopée de réflexions quant à la nature humaine et les interactions que l’homme et son environnement entretiennent : 

« Il y aurait beaucoup à dire sur lesdits messages, mais j’ai avant tout envie que les gens se questionnent sur notre rapport à l’environnement, sur l’importance de préserver la nature et aussi sur tout ce que l’humain peut apporter de beau : échange, partage, etc.

J’ai envie de renvoyer à une forme de simplicité de la vie et des choses, à l’évidence qui nous entoure, à la beauté, et à la logique de certaines actions qu’on a tendance à dénigrer ou à juger trop inutiles.

A différents niveaux de lecture, tout ce que je mets en œuvre oscille entre la critique et l’admiration de certains faits de notre mode de vie actuel, c’est un simple portrait, mais bien souvent une dénonciation ou juste une manière d’interroger en constatant… »

Nous ne pouvons que souhaiter aux milliers de vœux de Mademoiselle Maurice pour la protection de la planète, accomplis grâce à ses efforts pour plier des dizaines de milliers d’origamis, de se réaliser avec autant de succès que son art dessine de sourires dans les rues…

La street-artiste Mademoiselle Maurice a fait de l’art du pliage le noyau central de son savoir-faire et de son style. Un défi singulier et inédit jusque-là dans l’histoire de l’art urbain. Ses objets délicats collés à même le béton véhiculent une résonance du vivant, associés aux six nuances de l’arc-en-ciel.

Pont flottant entre le végétal et l’aérien, entre le corporel et le spirituel, la symbolique de l’arc-en-ciel permet à la plasticienne de créer des liens ténus entre tous les éléments qui composent l’univers.