Les algorithmes ont pris le pouvoir sur la pédagogie humaine au sein de l’Éducation nationale ! C’est aujourd’hui un logiciel – Affelnet – qui décide de l’avenir des adolescents. Une déshumanisation de l’enseignement organisée et mise en place au sein des établissements scolaires depuis 2008 !

Affelnet, dont le nom signifie affectation des élèves par le net, est une procédure informatisée, automatique, froide et sans âme qui décide de l’orientation des élèves au terme du collège.

« Automatiser » indique que l’algorithme d’Affelnet décide seul du futur de l’élève à partir d’une analyse de données enregistrées : son dossier numérique, ses notes, sa situation familiale, etc.

Selon les académies, chaque élève a « le droit » d’émettre entre 3 et 8 vœux pour son orientation. Cependant, ces 8 vœux ne le mèneront que rarement là où il veut ! Car la décision finale appartient à l’algorithme et ses intentions, bien qu’artificielles, restent opaques.

Parents et élèves sous pression, passent des heures à tenter d’élaborer une stratégie capable de déjouer les pièges d’Affelnet et d’assurer l’avenir souhaité. Mais il est difficile de s’émanciper du fichage scolaire qui sévit depuis la maternelle, impossible d’effacer les bulletins de notes numérisés, impossible d’oublier d’anciens comportements dûment repérés, impossible de dire : « J’ai grandi, j’ai mûri… Cette année, je ne suis plus le même. Aujourd’hui, je veux du nouveau. »

Avant même leur majorité, les adolescents sont figés dans le passé par un système briseur d’élan.

Mais Affelnet n’est pas le seul logiciel mis en cause. D’autres outils – dont le Livret Scolaire Unique ou LSU – se chargent de ficher toute la jeunesse dès son plus jeune âge ! Un fichage liberticide qui permet d’étiqueter et de cataloguer chaque enfant selon des critères qui nous échappent.

Ainsi, toutes les informations liées à la scolarité d’un enfant, depuis son entrée dans les petites classes, sont rassemblées et conservées dans un fichier numérique unique qui le suivra tout au long de sa vie d’adulte !

« Que deviendront toutes ces informations ? Qui y aura accès dans 10 ans, dans 20 ans ? Quid du droit à l’oubli ? Qui peut garantir que ces données ne seront pas utilisées pour mettre en concurrence les écoles, les enseignants et les enfants eux-mêmes dans un système où les classements seront rois ? Qui peut garantir que ces données ne seront pas accessibles demain à d’autres administrations, aux écoles privées, aux entreprises de soutien scolaire, aux employeurs ? Qui peut garantir que ces données ne seront pas utilisées pour répertorier, contrôler, surveiller des enfants étiquetés dès leur plus jeune âge comme potentiellement (pré)destinés à devenir absentéistes, décrocheurs, voire de futurs délinquants ? » 

Ce n’est pas seulement l’enseignement qui se trouve déshumanisé, les parents et les professeurs mis au banc des impuissants, c’est l’avenir des jeunes qui est pris en otage !

Les enfants symbolisent l’avenir. Mais quand le futur de la jeunesse devient le fruit d’une programmation, que la volonté de leurs parents pour les défendre reste sans réponse et que le privilège des professeurs pour accompagner leurs élèves est abandonné à des ordinateurs, le constat est sans appel. Le bon sens pédagogique du système scolaire s’est évanoui depuis longtemps… et a laissé la place à un système absurde et voleur qui prépare les enfants à un avenir qui ne leur appartient plus.

Il est temps d’abandonner l’Éducation nationale à elle-même. Car ni les jeunes, ni les parents n’ont besoin d’elle. D’autres solutions sont possibles. Ouvrons les yeux.